Une Philanthropie nouvelle ? Septembre 2009
Et si « le retour sur investissement » faisait aussi son entrée dans l’univers de la solidarité ?
Rendre l’entrepreneuriat social plus efficace par l’attribution d’un capital financier mais également humain et intellectuel, telle est notre vocation.
Perçue comme un véritable accélérateur de changement, il doit permettre l’optimisation des sommes investies tournées vers les plus démunis et assurer la pérennité des structures financées en déterminant une stratégie à long terme (1)
Cette nouvelle philanthropie devra répondre de plus en plus aux exigences des donateurs d’aujourd’hui : mesurer l’impact de son don et profiter d’un retour sur investissement sous une forme quelconque (2)
Une bourse dédiée aux pauvres ?
Poussée par les activistes anglo-saxons, l'idée d'un marché financier dédié aux entreprises sociales,"social business", permettrait de gagner en visibilité, en solidité, et d'augmenter leurs moyens à coût de capitalisation décuplée.
L’ouverture à un plus grand nombre aux parts de ces structures défendant leur double (ou triple) objectif de pérennité économique et d'impact social (et/ou environnemental (3) répondrait à l'idée naissante de créer un Social Stock Exchange, une sorte de bourse dédiée aux entreprises sociales.
Bien sur, il n’est pas de notre volonté de réinventer un système qui vient de montrer sa limite notamment par la spéculation (4) effrénée, mais d’envisager un système propre qui apporterait un changement, réinventant une culture de résultats aux profits de ceux qui travaillent dans l’entreprise.
Une manière de replacer l’homme au centre d’un processus de création. Cela présuppose un changement social mesurable pour briguer un retour social sur « investissement ».
Expérimenter pour changer les règles du jeu ?
En inventant la Micro Propriété Solidaire (5) nous revenons aux sources d’une économie « du bon sens » basée sur la gestion à long terme d’un bien commun pour le plus grand nombre, ce qui n’est pas forcément synonyme d'économie alternative.
En construisant notre premier Village Vacance Solidaire à N’Diago(6) en Mauritanie, nous allons mettre en œuvre « Tous ensemble »(7) notre initiative.
D’un coté des Micro Investisseurs à la fois administrateurs de leurs biens et usagers et de l’autre une communauté villageoise (8) « actionnaire » par son engagement professionnel et humain, sans le souci de valorisation monétaire. (Une voix pour tout le monde)
En limitant à une seule, le nombre d’action détenue pour une seule personne, en la rendant incessible et en mobilisant des « voix » jusqu’alors censurées, en réinvestissant les profits sur place dans d’autres projets de même teneur nous expérimentons.
Véritable projet-pilote, « Tous-Ensemble développement » s’inscrit dans une réflexion à long terme susceptible de modifier le paysage économique de demain.
Sous la forme d’un fond de dotation (9), notre fond d’investissement social réunira tous ceux pour qui la solidarité et le « marché » ne sont pas deux mondes opposés !
Glossaire
(1) Le concept de la micro Propriété solidaire est basé sur le waqf en arabe, « arrêt, immobilisation » – est un état particulier de la propriété, exclue définitivement du marché par décision de son (ses) propriétaire(s). Dès lors incessible et insaisissable, cette propriété peut être gérée sur le très long terme, au bénéfice d’œuvres sociales choisies par le(s) propriétaire(s).
(2) Traditionnellement une action est rémunérée, dans le cas de la Micropropriété solidaire, le donActeur bénéficie d’un droit d’usage en nature.
(3) L’aspect environnemental ne peut exister sans des changements sociaux ni économiques tangibles sans qui les vocables : viable, vivable, équité et durable seraient des vœux pieux.
(4) En rendant l’action incessible et uniquement transmissible à sa filiation on donne une symbolique forte au développement (dit) durable
(5) La Micropropriété Solidaire est un concept novateur à expérimenter qui trouve son origine ancestrale dans le waqf
(6) Le premier Village vacance solidaire qui verra le jour en 2011
(7) www.tous-ensemble.info
(8) Le bien est géré par trois collèges ayant une voix chacune : tous ensemble localement qui représente les intérêts des DonActeurs, le collège des salariés et les habitants du village et la commune représenté par un élu
(9) article 140 de la loi n°2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie, JO du 5 août 2008)
Les voyages en question, un débat soutenable ?Décembre 2009
En créant la Micropropriété solidaire (1) , pensions-nous que les modèles actuels du tourisme seraient caducs dans les années à venir, ce qui transformerait forcément notre approche stratégique de développement touristique ?
C’est d’abord l’échec de Copenhague puis la lecture d’un article de Pascal Lluch (2)(qui nous a amené à lancer le débat entre-nous (les DonActeurs (3) ) puis de l’ouvrir sur Viadéo.
Aujourd’hui le niveau moyen d’émission de gaz à Effet de Serre (GES) se situe en France à 9 T/terrien et par an, alors que tous les experts considèrent que notre emprunte écologique ne devrait pas dépasser 2T/an/terrien.
Considérant que pour rejoindre notre Village Vacance Solidaire de N’Diago (à proximité de St Louis du Sénégal) un voyage en avion produit à lui seul 2T/voyageur, doit-on conclure raisonnablement que le tourisme intercontinental et donc les projets touristiques solidaires que nous prévoyons financer sont une aberration écologique et donc improductifs en terme de développement soutenable?
Sauf à trouver des solutions pour diminuer ou compenser notre empreinte écologique, la survie des générations à venir est en jeu mais aussi le développement économique des pays qui ont choisit de bénéficier des implantations touristiques sur le modèle de Villages vacances solidaires de « Tous-Ensemble ».
Quelques pistes pour diminuer l’empreinte écologique de nos voyages :
- En décollant de Marseille à destination de St Louis (au lieu de Paris) (4) le voyageur économise 20% d’émission de GES mais perdra cinq heures de son temps de vacances
- En privilégiant un séjour long (au moins quinze jours sur place) le voyageur diminuera ses autres destinations nécessitant aussi un vol moyen courrier
- En valorisant les déplacements peu polluants localement (calèche à chevaux, pistes cyclables pour VTT, pirogues, chameaux)
- En payant à un juste prix notre voyage (le kérosène n’est pas taxé) le coût du voyage en augmentation diminuera forcément les déplacements en avion
- En développant une clientèle locale (nationale expatriée et régionale)
Actuellement la solution la plus convenue reste la compensation de la production de GES en finançant des projets visant à éviter une production équivalente de GES (à condition qu’ils soient vérifiables, non rentable et qu’ils perdurent…)
Sans rentrer dans les éléments techniques évoqués dans l’article de Pascal Lluch, retenons simplement qu’un vol Paris /St Louis(5) équivaudrait à un supplément par voyageur de 38 € pour le compenser (selon un opérateur en compensation carbone (6) )
Mais compenser est-ce bien la solution ou bien le moyen de se donner bonne conscience en ne changeant pas nos habitudes ? N’est-ce pas non plus un nouveau marché en devenir avec des « marchands » en compensation carbones et des millions de projets « pour sauver la planète » ?
Si voyager ce n’est pas seulement arriver mais aussi le temps du voyage, peut être comprendrons-nous que le temps est une valeur à redécouvrir ou que le tourisme de proximité (il en va de même dans tous les pays) a aussi beaucoup d’atout, dont celui de revitaliser des territoire entier oublié.
Informons les voyageurs sur leur emprunte écologique quand il prenne l’avion et cessons de croire au mythe de la terre un village mondial que l’on peut visiter en avion sans conséquence pour l’environnement…
Le débat est ouvert !
Glossaire
1 www.tous-ensemble.info
2 http://blog.voyages-eco-responsables.org/ (compensation des GES générés par nos voyages)
3 http://www.tous-ensemble.info/Micro-Propriete-Solidaire-accueil.php?id=1236964397&li=#a
4 Le train émet peu de GES
5 Les outils comme Bilan carbone de l’ADEME permettent dévaluer le poids de GES généré par une activité humaine
6 Selon les sources de l’opérateur en compensation carbone (Climat Mundi)
Et si nous changions les règles du jeu ? Mars 2010
La crise financière aidant, on aurait pu réfléchir à de nouvelles règles et "booster" ce que l'on connaît déjà: décroissance, Grenelle de l’environnement, micro crédit, tourisme durable…
...Pour revenir à des valeurs essentielles !
Fraternité, Justice, Solidarité
Alors nous avons inventé la Micro Propriété Solidaire!
En devenant solidairement propriétaire d'une part sociale d'un village vacances Solidaire nous en finirons avec:
La spéculation foncière et immobilière
Le retour des profits vers le Nord
La gestion anarchique des ressources naturelles
La non implication des populations locales à leur bien être
Achetez pour Noël une part sociale (1200 parts/ site) du village Vacances Solidaire de N’Diago (mauritanie)
Rejoignez nos Don-Acteurs qui suivent leur placement, découvrez ce que vous devez savoir avant de vous engager et calculez le pouvoir de votre don
LE PUITS PERPÉTUEL…
A l'heure de nouveaux bouleversements consécutifs aux soubresauts de la finance internationale, sommes-nous totalement à la merci de phénomènes qui nous dépassent? Parmi les moyens d'action à notre portée, le plus commun est, peut-être, la propriété. En quoi pourrait-elle générer une économie solidaire?
Il y a très longtemps, vivait, en Orient, mon arrière-grand-père. Il possédait un grand terrain avec un puits. Un jour, je lui ai demandé : « Grand-père, pourquoi les gens du village viennent-ils prendre notre eau ? » Il a souri et me répondit que les bienfaits du ciel et de la terre appartenaient à tout le monde. « Le père de mon grand-père », ajouta-t-il, « a creusé ce puits avec les habitants du village. Chacun, par sa force et son habileté, a permis d’atteindre la nappe, située à plus de 35 mètres de profondeur. Et c’est grâce au waqf * qu’aujourd’hui encore, chacun peut venir y puiser l’eau dont sa famille a besoin pour la maison et cultiver la terre. Toi aussi et ensuite tes fils, vous hériterez de cette charge, sans pouvoir, jamais vendre le puits ni même l’eau qui l’inonde ! »
Qu’elle était bonne et fraîche, cette eau, dont nous nous régalions et qui abreuvait nos bêtes, les légumes du potager ! Chaque année, trois villageois venaient, à tour de rôle, vérifier l’état des parois et nettoyer le fond. A notre départ vers l’Europe, mon père vendit son bien, sauf le puits, à la condition expresse, formalisée dans l’acte de vente, que le nouveau propriétaire du domaine perpétuât le statut de celui-là. Aujourd’hui encore, le puits porte le nom de notre famille…
Je reste imprégné de cette expérience. La Micro Propriété Solidaire (MPP) intègre totalement ce principe :
• Immobilisation (incessibilité) de la propriété individuelle pour le bien commun
• Conservation du patrimoine (dont la fonction est clairement définie) pour les générations futures
• Partage équitable des profits entre le légataire, les usagers et les employés
• Gestion collégiale (sous mandat collectif)
• Appel à l’épargne individuelle ou à sa force de travail
• Rémunération en nature
• Priorité, dans la gestion du bien, à son entretien, son renouvellement, à sa capacité de générer des profits.
Ce qui est immobilisé par le propriétaire, c’est, au-delà de la propriété elle-même, sa valeur. Vous avez placé une somme d’argent dans une entreprise à vocation humanitaire. Mais, à la différence d’un don, vous en gardez la propriété. Vous renoncez, seulement, à votre liberté de la négocier. Pour tout le reste, vous, puis votre héritier, conservez vos droits de propriétaire : administration, usufruit, etc., selon le contrat formalisé avec la structure gestionnaire du bien collectif.
Utilisable par le simple particulier, une personne morale, jusqu’aux Nations-Unies – on songe, ici, au patrimoine de l’Humanité, notamment la propriété des génomes – l’immobilisation de la propriété devient, ainsi, un outil de développement durable de premier plan.
Outil de développement durable
A l’instar du waqf, la MPP équilibre le rapport humain/capital dans une dynamique de donnant/donnant, replaçant l’homme au cœur du processus de création.
• Le DonActeur est plus un investisseur qu’un donateur. Outre son soutien financier à un projet, il est partie prenante dans sa gestion et son évolution, et profite, à moyen terme, d’une compensation perpétuelle en nature (part d’usufruit).
• Si la part de propriété demeure incessible, celle d’usufruit peut être transmise par légation à un tiers, hors de tout négoce, annulant ainsi toute velléité de spéculation.
• Les populations bénéficiaires, outre qu’elles participent à sa définition, elles apportent leur force de travail dans la construction (valorisé par des parts sociales) elles pourront être employées et rémunérées en tant que telles, auront des représentants au conseil d’administration de l’institution et sont parties prenantes dans les décisions collectives.
C’est ainsi que chaque hôpital de Cordoue, en l’an 900, assurait la gratuité de ses soins, grâce aux bénéfices nets réalisés par l’immobilisation pérenne d’une entreprise dont le titre de propriété ad vitam aeternam figé.
Oui l’immobilisation pérenne de la propriété pourrait devenir un acte d’économie solidaire !
Teje Méchri et Mansour de la Grange
Faire appel à la générosité sans avoir l’air de quémander...
Ne serait-il pas temps de poser les nouvelles bases à une économie défaillante et inégalitaire ?
Je veux parler du principe même de la propriété et de son corollaire désagréable, la spéculation.
La propriété cet instinct « naturel » en l’homme stimulé par le regard de l’autre, l’envie de dominer (de se distinguer) n’a eu d’autres résultats que d’enrichir quelques uns et de tous nous condamner à courte échéance !
Les randonneurs connaissent bien les Chemins de grande randonnée qui contournent moult propriétés jusqu’à cheminer sur la route, seul espace public encore libre de pérégrination.
Il est aussi important de se sauvegarder de l’emprise des puissants propriétaires sur d’autres espaces vitaux tels que la santé, la culture, l’eau, la mer et l’air !
Continuerons nous donc à « enrichir » le secteur pharmaceutique à coup de sécurité sociale à spolier les états africains de l’or noir off shore qu’ils bradent, de concéder des sources que l’on « rachète » à prix d’or en bouteille plastique, alors qu’on aurait pu créer une filière recherche et industrielle nationalisée pour tous nous soigner, considérer le pétrole, l’eau comme un patrimoine de l’humanité incessible et collectif…
Oui rendre public ce qui est vital à notre survie ! Nationaliser la forêt amazonienne en cours de dépeçage, faire payer les pays riche pour éviter l’exploitation du pétrole et sauver la biodiversité des régions entières comme en équateur avec le projet YASUNI. Autant d’exemple que le bon sens de survie populaire aurait du nous inspirer !
Rappelons nous qu’à Cordoue en 900 après JC l’hôpital était financé par des fermes collectives constituées en Waqf* qui soignait gratuitement des milliers de personnes chaque année.
Défendre l’accès à l’eau pour désaltérer nos enfants, à l’air, tout ce que la nature nous a offert, pour se soigner, adoucir leur regard pour qu’ils ne souffrent plus de manque est de notre devoir.
La Micro propriété solidaire inspirée waqf, une tradition musulmane peut permettre de faire avancer cette idée ! Comme le disait à l’époque le poète : « Là où la terre est sèche, l’âme est plus pure et moins amère ! »
Le principe en est simple :
« Geler » un bien (un terrain) le rendre incessible et insaisissable pour le bien de tous. Le gérer collectivement et partager équitablement son exploitation perpétuellement.
Chaque actionnaire doté d’une seule voix dans les décisions contribue à l’enrichissement (le bien être) de tous.
Rejoignez-nous et découvrez notre première action à travers la réalisation d’un village vacances solidaires dont vous deviendrez un actionnaire social ainsi qu’un usager heureux! www.tous-ensemble.info
* Le waqf – en arabe, « arrêt, immobilisation » – est un état particulier de la propriété, exclue définitivement du marché par décision de son (ses) propriétaire(s). Dès lors incessible et insaisissable, cette propriété peut être gérée sur le très long terme, au bénéfice d’œuvres sociales choisies par le(s) propriétaire(s). Le mode de gestion, qui s’étale désormais sur des siècles, doit être précisément définie par l’acte fondateur. Dans le cas présent, la mise en "waqf" du foncier et des investissements équipant ce dernier permet de mettre en œuvre une entreprise durable au service d’une communauté localisée.